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STEPHANE HESSEL parrain du "lieu de mémoire" de Magny les Hameaux

Magny-Les-Hameaux honore depuis plusieurs décennies les figures qui ont marqué l'histoire locale ou nationale. Il en est ainsi par exemple de Port-Royal des champs ou les grands noms du jansénisme figurent sur les plaques de rues ou les équipements publics (Blaise Pascal, Jean Racine, etc.). En ce qui concerne la résistance à l'occupant nazi et à sa barbarie, les résistants locaux comme Joseph Lemarchand ou Jean Gibert ont été retenus pour des noms de rues et pour les grandes figures mondialement connues, Anne Frank et Lucie Aubrac (voir ma chronique le jour de l'inauguration) ont déjà leur rue.

Cérémonie originale ce mardi 17 novembre puisque c'est le carré de mémoire de Magny-Les-Hameaux qui portera un nom célèbre connu dans le monde entier : Stefan Hessel. Pour ceux qui ne connaitraient pas son oeuvre, lisez sa biographie. La commune ses habitants, ses élus, sont très honorés que cet homme, symbole vivant de l'histoire du XXe siècle, ait accepté de parrainer ce lieu de mémoire dont la réalisation, il y a 4 ans, a marqué aussi l'histoire de la commune.

Ce parrainage a eu lieu en fin d'après-midi après la visite du forum du jeune citoyen et en compagnie de deux délégations d'enfants bosniaques et palestiniens invités par l'association Magny loisirs dans le cadre du programme RIRES. Cérémonie simple, sympathique et émouvante en même temps. Au-delà des photos, j'ai aussi capté les quelques sons pour le souvenir de cet homme de 92 ans, en pleine santé et avec une vivacité d'esprit intacte. Les enfants et les jeunes qui l'ont rencontré pendant cette journée m'ont dit combien ils avaient été impressionnés par le personnage.

Stefan Hessel chantant avec les enfants (voir la vidéo)

Stéphane Hessel remercie la ville (voir la vidéo)

Stefan Hessel explique la portée de la déclaration universelle des droites de l'homme de 1948 (voir la vidéo)

 

Pour mieux apprécier l'homme, voici son propre témoignage publié récemment dans le journal de Jean Jaurès : l'HUMANITE :

QUATRE-VINGT-DOUZE ANS, RÉSISTANT, DÉPORTÉ, DIPLOMATE

« Face à Nicolas Sarkozy, nous n’avons pas la présence d’une force de gauche suffisamment claire. Il faut montrer combien il est facile pour les politiques de s’emparer de tout. Je suis né en 1917. En 1939, j’avais vingt-deux ans, l’année suivante j’étais déporté à Buchenwald. C’était une période de jeunesse mais j’étais déjà adulte. J’avais connu la guerre d’Espagne… Quand Éric Besson parle d’identité nationale, c’est un sujet qui devrait échapper aux sarcasmes faciles. En reprenant ce mot, on pense faire partie de l’extrême droite xénophobe mais il faut passer outre. La France est multiple. Nous avons accueilli au fil des siècles des immigrés de toutes les parties du monde. Il ne faut pas réduire cette identité aux Français de souche, ce qui veut juste dire qu’ils sont là depuis plusieurs générations. L’identité nationale est composée de tous ceux qui se sentent français…

Une vie est un parcours. Le mien a connu pas mal de ruptures et de soubresauts. J’ai connu le Front populaire qui a développé des valeurs qui m’étaient chères. J’ai retrouvé cet esprit dans le Conseil national de la Résistance. J’ai connu la décolonisation, que je souhaitais, la construction de l’Europe, qui a permis de dépasser le simple nationalisme : quelle satisfaction pour nous qui avons connu une Europe déchirée ! Et maintenant, comment faire pour que cette planète ne soit pas détruite par l’homme ? Il faut résister au productivisme, au flux des capitalismes financiers. Détruire le capitalisme ? Le commerce se fait grâce aux marchés, ce qui implique des réserves financières. C’est une réalité. Mais le capitalisme sur lesquelles les sociétés modernes se sont engagées, nous savons maintenant que c’est une voie sans issue. Il nous faut réfléchir à d’autres formes de fonctionnement du marché, que les capitaux servent à ce que le plus grand nombre profite de la richesse générale, loin de la domination par l’argent… C’est très dangereux de privatiser. Le CNR a marqué la nécessité de laisser dans le domaine public ce qui relève du bien commun. »

 

 

Mise en ligne le 24 novembre 2009

 

 

la vie magnycoise