
cérémonie du 11 novembre au mémorial de Magny les hameaux
J'ai déjà plusieurs fois sur ce blog vanté la qualité et le renouveau des cérémonies de commération grâce à la réalisation du lieu de mémoire pour ne pas écrire la même satisfaction. Il y avait beaucoup de monde malgré la fraîcheur des températures et nous avons assité une nouvelle fois à une belle cérémonie.
J'apprends par une invitation que STEPHANE HESSEL sera nommé PARRAIN DU LIEU DE MEMOIRE par la municipalité de Magny. Je me rejouis très sincèrement de cette nomination et je pense que beaucoup de magnycois seront très honorés que ce grand homme accepte que son nom figure en marge de ce mémorial du souvenir. Pour ceux qui ne connaitraient pas son oeuvre, lisez sa biographie.
Il sera présent mardi après-midi au forum du citoyen au gymnase Chantal Mauduit.
Pour mieux apprécier l'homme, voici son propre témoignage publié récemment dans le journal de Jean Jaurès : l'HUMANITE :
QUATRE-VINGT-DOUZE ANS, RÉSISTANT, DÉPORTÉ, DIPLOMATE
« Face à Nicolas Sarkozy, nous n’avons pas la présence d’une force de gauche suffisamment claire. Il faut montrer combien il est facile pour les politiques de s’emparer de tout. Je suis né en 1917. En 1939, j’avais vingt-deux ans, l’année suivante j’étais déporté à Buchenwald. C’était une période de jeunesse mais j’étais déjà adulte. J’avais connu la guerre d’Espagne… Quand Éric Besson parle d’identité nationale, c’est un sujet qui devrait échapper aux sarcasmes faciles. En reprenant ce mot, on pense faire partie de l’extrême droite xénophobe mais il faut passer outre. La France est multiple. Nous avons accueilli au fil des siècles des immigrés de toutes les parties du monde. Il ne faut pas réduire cette identité aux Français de souche, ce qui veut juste dire qu’ils sont là depuis plusieurs générations. L’identité nationale est composée de tous ceux qui se sentent français…
Une vie est un parcours. Le mien a connu pas mal de ruptures et de soubresauts. J’ai connu le Front populaire qui a développé des valeurs qui m’étaient chères. J’ai retrouvé cet esprit dans le Conseil national de la Résistance. J’ai connu la décolonisation, que je souhaitais, la construction de l’Europe, qui a permis de dépasser le simple nationalisme : quelle satisfaction pour nous qui avons connu une Europe déchirée ! Et maintenant, comment faire pour que cette planète ne soit pas détruite par l’homme ? Il faut résister au productivisme, au flux des capitalismes financiers. Détruire le capitalisme ? Le commerce se fait grâce aux marchés, ce qui implique des réserves financières. C’est une réalité. Mais le capitalisme sur lesquelles les sociétés modernes se sont engagées, nous savons maintenant que c’est une voie sans issue. Il nous faut réfléchir à d’autres formes de fonctionnement du marché, que les capitaux servent à ce que le plus grand nombre profite de la richesse générale, loin de la domination par l’argent… C’est très dangereux de privatiser. Le CNR a marqué la nécessité de laisser dans le domaine public ce qui relève du bien commun. »
Mise en ligne le 14 novembre 2009